Réaction d’EELV au référendum en Nouvelle-Calédonie

Au terme d’une campagne importante mais respectueuse, les urnes ont parlé en Nouvelle-Calédonie et le non l’emporte à 56%. Un différentiel d’un peu moins de 20 000 voix mais qui marque la victoire, courte mais nette, du camp des anti-indépendance.

L’attachement de la France à la Nouvelle-Calédonie est avant tout un attachement économique : avec ses sous-sols riches en nickel, l’île est pour la métropole une ressource essentielle. Alors que les émissions de gaz à effets de serre de l’île sont parmi les plus importants au monde du seul fait d’une sur-exploitation des sols sans réflexion sur ses effets sur la santé des populations locales et de la planète, l’île n’a jamais pu bénéficier des avancées de l’Accord de Paris. Une incongruïté économique qui en dit long.

Alors que la France peine encore à faire face à son passé colonisateur, la Nouvelle-Calédonie incarne aujourd’hui encore ce que cette prédation du monde représente : la population kanak est aujourd’hui dépassée en nombre. Malgré cette disproportion, qui se traduit aussi par des inégalités économiques, sociales et environnementales criantes entre les descendants d’Européens installés sur l‘île et les Kanaks, pauvres, le référendum de ce dimanche n’a pas sonné la victoire large du rattachement à la France que la droite appelait de ses vœux. Bien au contraire, même dans les territoires les plus loyalistes, comme à Nouméa, le score indépendantiste a progressé.

Le résultat, très partagé, rappelle à quel point l’accaparement de terres lointaines pour des motifs économiques divise les peuples et les abîme sur plusieurs générations. Et si l’indépendance est aujourd’hui chose complexe, tant la France a bâti en Kanaky son empire, rendant l’île dépendante de sa présence, la culture locale ne cesse de revendiquer sa légitime reconnaissance et de rappeler que ses voix ne se tairont pas.

Pour Europe Écologie – Les Verts, le processus de Matignon–Oudinot doit pouvoir continuer et permettre à chaque partie de faire entendre sa voix. Le processus de paix, qui permet le déroulement démocratique du débat, n’a pas de raison de mourir sur l’autel de cette courte victoire du « non ».

Quels que soient les résultats de cette procédure, la France doit permettre, dès aujourd’hui, que l’histoire kanak soit enseignée dans les écoles afin de permettre à chacun·e de mieux connaître l’ile et se réapproprier son histoire. La culture kanak doit être valorisée, comme chaque culture locale, non en opposition à la culture française mais comme des éléments s’enrichissant mutuellement. Enfin, les écologistes demandent que la santé des habitant·e·s comme celle de la planète soit respectée et que l’exploitation du nickel ne soit plus une épée de Damoclès au-dessus de l’avenir de l’île.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux

Remonter