Les forêts françaises ne sont pas à vendre

Les quatre « Marches pour la forêt » à l’initiative des personnels forestiers de l’Office national des forêts et soutenues par le monde associatif et environnemental sont arrivées le 24 octobre à Cérilly en forêt de Tronçais dans l’Allier, symbole des forêts de chêne prestigieuses héritées de Colbert.

Le but de cette marche était d’alerter l’opinion sur la disparition pure et simple du service public des forêts qu’est l’ONF, en voie de privatisation, et avec un plan de 1 500 suppressions de postes en perspective, et contre l’industrialisation de la forêt et ses conséquences néfastes pour ces espaces naturels indispensables et leur gestion.

Europe Écologie – Les Verts soutient le mouvement des forestiers et la demande d’une meilleure gestion des forêts publiques. Yannick Jadot et David Cormand se sont déplacés pour apporter le soutien des écologistes aux agents de l’ONF.

Alors que le climat s’emballe et que la biodiversité s’effondre, nous partageons l’idée qu’une autre gestion de la forêt est possible et nécessaire : une gestion plus écologique, essentielle pour la préservation du rôle central de la forêt dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Il est urgent de faire converger les énergies déployées, localement ou nationalement, pour défendre la forêt et les services considérables qu’elle rend à toutes et tous, indépendamment de la production de bois : elles stockent naturellement le dioxyde de carbone, permettent la rétention et la filtration de l’eau, sont un berceau pour la biodiversité végétale et animale. Les forêts naturelles représentent une valeur pour la collectivité bien supérieure à celle de la production de bois.

Les évolutions ces dernières années dans la gestion de l’ONF, avec une baisse de la dotation de l’État et un recours accru au personnel contractuel allaient dans le mauvais sens. La politique actuelle et le plan national Forêt-Bois continuent dans la même direction.

Pour les écologistes, de nombreuses initiatives sont nécessaires pour orienter la politique forestière vers une gestion qualitative et préservant le long terme.

L’ONF doit pouvoir exercer ses missions régaliennes, sans dépendre du cours du bois ou du volume des ventes. C’est à l’État de financer la surveillance des forêts publiques, les missions de police, la gestion durable, la péréquation entre forêts pauvres et riches, la recherche, l’accueil et l’éducation.

Alors que 30% des forêts publiques ne sont pas ou peu exploitables, l’effort de production s’exerce sur des forêts « à flux tendu » : il faut desserrer l’étau productif autour des forêts pour cesser d’affaiblir les écosystèmes.

La politique de développement du bois-énergie doit être encadrée à la fois dans la prospective (véritable connaissance de la ressource, efficacité, bilan carbone global) et dans l’exécution (chartes régionales, traçabilité, certification, politique de subventionnement).

Il faut mettre en place des certifications plus exigeantes, permettant d’engager des sylvicultures plus résilientes et bénéficiant à la biodiversité.

Parce qu’il n’y a pas d’avenir sans forêts, les écologistes continuent à se mobiliser pour la protection des forêts françaises et du service public de la forêt.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux

Retrouvez ici le Manifeste de Tronçais : « Pour la forêt, notre bien commun ».

Retrouvez les propositions d’Europe Écologie – Les Verts : « Une politique forestière écologique… c’est urgent ! ».

Retrouvez dans le JDD la tribune de David Cormand : « La forêt qu’on défigure ».

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