Jour du dépassement : le gouvernement coupable

Si l’ensemble des humains vivait comme le font les Français·e·s, la Terre vivrait à crédit à partir du 5 mai cette année. Une date déterminée par la consommation excessive par la France de ressources naturelles. Mise à l’amende par l’Europe pour son mauvais comportement à l’égard de la nature, la France creuse chaque jour un peu plus, par les politiques mises en places, son déficit par rapport au reste de la planète.

Le jour mondial du dépassement, qui intervient un peu plus tôt chaque année, est début août. Cette date, alarmante en soi, le devient encore plus quand on projette les pratiques françaises : non seulement la France dilapide les ressources, mais elle vit en outre à crédit des pays dont l’empreinte climatique est moindre. Il y a quelques années encore, ce jour laissait poindre une inquiétude pour les générations futures. Aujourd’hui,, c’est sur les générations actuelles et futures que se porte le coût pour la santé et pour l’économie.

Symboliquement, tout ce que nous consommerons à partir de ce jour est pris sur le stock et au-delà des capacités de renouvellement de nos ressources naturelles. C’est ce que montre l’empreinte écologique, cet indicateur met en exergue la pression que nous faisons subir à notre environnement. Et cette pression ne cesse d’augmenter. À force de couper les arbres, jeter ou polluer de l’eau potable, bétonner les terres arables, les ressources renouvelables n’ont plus le temps de se renouveler et nous vivons à crédit.

La pollution coûte à la France chaque année 100 milliards d’euros en frais liés aux impacts sanitaires, sociaux et économiques comme le démontre un rapport du Sénat. Les premières victimes en sont les classes populaires, moins protégées, moins informées, et avec moins d’accès aux soins et aux alternatives.

Pour sortir de cet engrenage, il faut non seulement que chacun·e prenne conscience de son pouvoir d’agir au quotidien, mais il faut aussi amorcer la transition écologique. Créatrice d’emplois locaux et de bien-être, elle doit être le fruit d’une mobilisation de la société et du pouvoir politique. Or, le président Macron néglige l’accord de Paris, méprise la loi de Transition énergétique, et ignore ses propres promesses pour l’environnement.

Alors que nous nous rapprochons toujours un peu plus du point de rupture, l’inaction climatique et environnementale est criminelle. Il est urgent de passer des paroles aux actes.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole

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